| Nous sommes en 1844 en plein cœur de la Chine, à une époque où le contact entre l'Orient et l'Occident, était établi depuis des siècles par le commerce de la route de la Soie. Alors que le Levant restait un mystère pour les occidentaux, quelques rares explorateurs et missionnaires, partirent à la découverte de ces contrées lointaines. Évariste Huc (Caylus 1813 - Paris 1860) et Joseph Gabet de l'ordre des lazaristes, partent pour la Tartarie et le Tibet, pour aller «de tente en tente, de peuplade en peuplade, jusqu'à ce que la Providence leur fasse connaître l'endroit où elle veut qu'il s'arrêtent pour commencer». Les plus folles aventures vont commencer pour ces deux "étonnants voyageurs". Ils s'adapteront à tous les milieux par où ils passent, adoptant chaque fois la langue (mandchoue, chinoise, tibétaine, mongole), les vêtements, les usages, la cuisine et la manière de vivre. Avec beaucoup d'humour, Evariste Huc raconte ce voyage extraordinaire fait en grande partie à cheval, accompagnés de chameaux ou de yaks dans des régions hostiles et peu connues. Ce missionnaire, étudie chaque scène plus comme ethnologue qu'en homme religieux, et ramènera de cette aventure de nombreuses informations précieuses sur les régions traversées et les coutumes de ses habitants. Et c'est ainsi que, mêlés à une caravane de pèlerins rencontrée en route, le 20 janvier 1846, M. Huc et M. Gabet, costumés en lamas, arrivent à Lhassa, « après 18 mois de lutte contre des souffrances et des fatigues sans nombre ». Ce seront les premiers Français à découvrir la capitale du Tibet (Lhassa), et à en sortir vivants. Dans la cité interdite, on se précipite pour observer ces « lamas venus d'occident » originaires d'un pays inconnu… Après quelques semaines passées à Lhassa, ils seront expulsés du Tibet et escortés en palenquin jusqu'à Macao. M. Huc y restera encore quelques années avant de revenir en France, et d'être décoré de la Légion d'honneur en 1853. Il recevra de l'Académie Française le prix Montzont pour son livre relatant leurs aventures; il sera en relation avec Alfred de Vigny, Lamartine, et la Comtesse de Ségur. Napoléon III le recevra en personne et lui permettra d'imprimer son premier ouvrage avec les imprimeries impériales. Baudelaire s'inspirera de son récit pour écrire le poème "L'horloge".
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